Co-voiturage







La structure, publique, a ouvert ses portes fin 2002. Loin des luttes militantes, le Cada assure une mission de service public. Il dépend de l'Aftam, une association financée par l'État.
Le centre héberge les demandeurs d'asile et leur verse une allocation de subsistance, d'un montant de 202 € par mois. Elle les assiste dans leurs démarches administratives et sociales, en attendant que leur demande soit examinée par l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).
La mission principale du Cada, c'est d'aider les demandeurs d'asile à raconter leur récit de vie. « Pour obtenir le statut de réfugié, les demandeurs d'asile politique doivent prouver qu'ils sont victimes de persécutions dans leur pays, explique Alban Villa. Ce n'est pas toujours facile, car certains arrivent avec très peu de documents. »
Bénévoles à Emmaüs ou aux Restos
Prouver une identité relève parfois du parcours du combattant. Il faut contacter la famille, les autorités du pays d'origine pour obtenir des certificats ou des actes de naissance. Des documents doivent également attester de leur situation de victime. « Les persécutions doivent faire l'objet de preuves. Nous les aidons à préparer leur entretien avec l'officier de protection de l'Ofpra, qui statuera sur la demande d'asile. » Les migrants que les sept salariés du Cada de Fougères reçoivent sont en général membres de l'opposition politique de leur pays ou de minorités ethniques.
Mais la mission du Cada ne s'arrête pas là. « Beaucoup arrivent avec des problèmes de santé. Nous les inscrivons à la CMU et les orientons vers les professionnels adaptés », précise Alban Villa. La découverte du système de santé français va de pair avec celle de la culture. Le Cada met les migrants en relation avec le centre social et des bénévoles, qui leur enseignent le français. Le centre organise également des animations et des sorties. « On les met en lien avec des associations caritatives, sportives et culturelles. Certains donnent un coup de main à Emmaüs ou aux Restos du coeur, d'autres pratiquent des activités sportives ou de loisirs. »
Des occupations bienvenues pour ceux qui n'ont pas le droit de travailler. « Beaucoup parviennent à s'inscrire dans le tissu local, dans la dynamique d'un quartier ou d'une association. »
Tout réapprendre
Le Cada dispose de 24 logements, éclatés dans différents quartiers de Fougères. « Nous voulons éviter les phénomènes de ghettoïsation et de stigmatisation, indique Alban Villa. Globalement, ils s'entendent bien avec leurs voisins. Ils sont bien accueillis ici. Le Cada travaille, à Fougères, avec l'APE2A (Association locale de promotion de l'enfance, de l'adolescence et de l'adulte), le CCAS, la ville, les bailleurs sociaux et les agences d'intérim.
Toutes les demandes d'asile sont loin d'être satisfaites. « Nous n'avons pas pour mission de les insérer dans la société, puisque tous n'ont pas vocation à rester en France », précise Alban Villa. Les migrants restent en moyenne un an dans le dispositif, le temps que les autorités décident de leur accorder le statut de réfugié... Ou pas.
Le Cada doit, quel que soit la décision finale, préparer la sortie du dispositif, jamais simple : « Lorsqu'ils arrivent ici, ils doivent tout réapprendre : la culture, la langue, mais aussi un mode de pensée différent. »
Géraldine HOUDAYER.