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Un peu de beurre dans les épinards des laitiers




L'immense chantier, visité, hier, par le préfet de Région Jean Daubigny, a été confié à GTB, filiale bretonne du groupe Bouygues, et à ses sous-traitants. : Thomas BrégardisC'est l'un des plus gros chantiers de travaux publics, actuellement en Bretagne. Au total, 350 000 heures de travail, pour un coût de 64 millions d'euros. La nouvelle prison des hommes de Rennes en est à mi-chantier. « Les travaux devraient s'achever en septembre 2009, avec un transfert des détenus de la vieille prison Jacques-Cartier (1) début 2010 », a confirmé, hier, Alain Jégo, directeur régional de l'administration pénitentiaire, lors d'une visite de chantier. La nouvelle prison accueillera 700 détenus.
« Une question de dignité »
Située à Vezin-le-Coquet, route de Lorient, à deux pas du Stade Rennais, elle s'inscrit dans le cadre des 13 200 nouvelles places annoncées en 2002. « Dans l'Ouest, il y a actuellement 5 700 détenus pour 4 200 places, poursuit Alain Jégo. Cette nouvelle prison régionale devrait permettre de vaincre cette surpopulation carcérale. » Les plus sceptiques, eux, craignent que si la politique pénale actuelle - symbolisée par les peines planchers - s'intensifie, les nouvelles prisons seront déjà pleines avant leur mise en service...
Pour autant, le nouvel établissement rennais présentera de bien meilleures conditions pour les détenus. « Comme promis, 80 % des cellules sont individuelles, et chaque cellule de 10 m2 comporte une douche et un WC. C'est une simple question de dignité », commente l'architecte Bernard Guillien, du groupe Archi 5.
À l'intérieur d'un carré de 220 mètres de côté, la prison comprendra un vrai terrain de sport et un gymnase. Ainsi que des salles de classe, des ateliers, une salle de culte, deux cours de promenade, trois unités de vie familiale, où certains détenus peuvent recevoient leur conjoint et enfants. Sans oublier, hors enceinte, une maison d'accueil pour les familles de détenus, en attente de parloir.
Si la construction est entièrement financée par l'État, la gestion, elle, sera partiellement déléguée à une entreprise privée, Gepsa, issue du groupe Suez. « Gepsa assurera la maintenance des locaux, la restauration et la buanderie, la formation et la recherche de travail pour les détenus. »
Michel TANNEAU.
(1) Actuellement, 500 détenus pour 330 places.