Un peu de beurre dans les épinards des laitiers




Les militants des associations ont voté à bulletins secrets à l'issue d'une longue assemblée de plus de quatre heures, lundi soir, à Rennes. D'après les statuts, l'instance dirigeante doit être composée de 18 membres, issus de plusieurs collèges. Mais seulement 11 noms ont été déposés dans l'urne par les adhérents. Se pose donc un problème juridique qui met l'association en difficulté. Une nouvelle assemblée générale devra être convoquée.
Comme dans un vieux couple, le conseil général et Ille-et-Vilaine - Mopti vivent une vraie scène de ménage. Il faut espérer que les amis africains du Mali ne seront pas trop déboussolés et ne pâtiront pas des conséquences. Née il y a plus de vingt ans, l'association a longtemps vécu auprès des élus, hébergée dans l'un des bureaux de l'assemblée.
« Il y a un malentendu »
Depuis 2004 et l'arrivée d'une nouvelle majorité, les liens se sont desserrés. Curieusement, alors que les rapports auraient dû rester au beau fixe entre gens partageant les mêmes idées, le climat a fini par tourner au vinaigre. Les dirigeants associatifs n'ont pas digéré les propos tenus lors d'une session du conseil général et découverts dans la presse.
Le président Michel Gaillard n'a pas manqué de rappeler cet épisode à Alain-François Lesacher, l'un des trois conseillers généraux membres de droit. « Vous êtes administrateur. On apprend que vous êtes partisan d'une refondation. Vous auriez pu nous réserver vos propos. »
L'association vit mal ce qu'elle considère comme une reprise en mains de la coopération avec le Mali. Elle défend une synergie où le tissu associatif développe des projets en lien avec les institutionnels. Aujourd'hui le conseil général a fait de la Région de Mopti un interlocuteur, installant sur place un chef de projet.
Une nouvelle loi de 2007 lui permet de travailler en direct avec des collectivités à l'international. Comme le fait savoir Louis Dubreuil, conseiller général, le département va piloter un projet « élevage ». « On veut aider la région à devenir autonome. »
Clotilde Tascon-Mennetrier a tenté de rassurer les militants qui soupçonnent le conseil général de vouloir casser une dynamique. « Mais non ! On a signé deux conventions avec vous, dont l'une pour les projets. Vous avez une équipe à Sévaré qui fait plein de choses. Ici, à Rennes, on finance un poste. Il y a l'animation du réseau d'acteurs. »
De vieux militants, comme Bernard Jouan, en ont gros sur le coeur. D'autres plus jeunes ne comprennent pas cette fâcherie. « Il y a un malentendu. On voit les choses de façon excessive », lâche Marie-France.
Si les candidats ne se sont pas bousculés au moment du vote, c'est peut-être pour attendre que les passions retombent.
Alain THOMAS.