À Fougères, les artistes sont proches du public




Samedi matin, route de Lorient, à la sortie de Rennes. Un motard, cuir sur le dos, est stationné sur un parking et regarde la route. A priori, rien de particulier. Sauf que ce pilote est équipé d'un système de communication très discret, et scrute minutieusement les véhicules qui passent devant lui.
« Le conducteur d'une 205 immatriculée XX35 en train de téléphoner au volant sans port de ceinture », murmure-t-il dans son micro. Quelques centaines de mètres plus loin, des policiers en uniforme s'apprêtent à intercepter la 205. Son conducteur, quelque peu surpris, a droit à un rappel des règles de sécurité et à une amende.
Cinq minutes plus tard, un autre automobiliste est invité à se ranger sur le bas-côté, cette fois pour excès de vitesse. Lui aussi est tombé dans les filets du « motard fantôme ». Un policier en civil chargé de repérer les infractions en amont des contrôles de police. Quasi indétectable et redoutablement efficace. « Un certain nombre d'infractions nous échappent, car les automobilistes sont prévenus de notre présence sur le bord de la route, explique le commandant de police Bernard Almodoval. Le motard fantôme, placé en amont du dispositif, les repère et nous en informent par radio. »
Lors du contrôle routier samedi matin, les policiers ont aussi interpellé un homme âgé qui se rendait à un mariage. Costume cravate impeccable, veston accroché à l'arrière sur un cintre. Sauf que ce conducteur avait eu son permis annulé il y a un an. Pas de noces et obligation pour lui de laisser sa voiture sur place. « Au mois d'avril, nous avons enregistré dix morts sur les routes d'Ille-et-Vilaine. Un très mauvais chiffre qui nous ramène à celui de 2003. »
Un constat que Jean Daubigny, préfet d'Ille-et-Vilaine et de région, est loin de prendre à la légère. D'où sa présence, samedi matin, au contrôle routier.