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Estelle Lecointe, en discussion avec le médecin de la clinique parisienne qui pratique des soins d'esthétique pour les femmes atteintes du cancer, le Dr Pierre Secnazi. Dans son arsenal de soins, Estelle Lecointe n'oublie jamais les produits qui la font ressembler à ce qu'elle est : une jeune femme juste au-dessus de la trentaine, fière de porter son âge. La maladie et les médicaments auraient pu lui grignoter sa féminité. Loin de se replier dans son malheur, elle revendique un rôle de porte-drapeau, heureuse de saisir la chance qui lui est donnée de rester belle. Bien entendu, elle tient à en faire profiter les autres.
Conseillère principale d'éducation dans un lycée, Estelle Lecointe habite Le Rheu. Menant sa vie avec entrain, elle a participé en 2007 à un congrès à Seattle et à une campagne d'affichage de l'Institut national du cancer. Elle a été sélectionnée, avec d'autres « héros ordinaires », pour donner une image plus positive de la maladie.
Elle est aussi devenue la présidente nationale de l'association « Ensemble contre le Gist » qu'elle a équipée d'un site internet. Le Gist ? C'est l'abréviation d'une maladie rare, un cancer digestif, de type sarcome. « J'ai été diagnostiquée en 2004, précise la jeune femme, opérée il y a deux ans à Suresnes. Il n'existe pas de traitement curatif. Et la tumeur a un gros pouvoir de récidive. »
« L'image, ce n'est pas anodin »
Toujours gonflée à bloc, Estelle vient de rejoindre un nouveau parcours, plus inattendu mais toujours en lien avec des médecins. En France, elle est l'une des premières à inaugurer le programme « Renaissance », lancé pour des patientes attachées à leur image. « Le programme s'adresse à des femmes qui remontent la pente, explique-t-elle. Quand elles entraînent un changement physique, les thérapies ont un impact dévastateur sur le moral. Moi aussi j'ai connu une période d'abattement. J'ai choisi de me faire aider par un onco-psychiatre à Villejuif. L'objectif est de redonner confiance. C'est l'idée de renaissance. »
Le traitement a été mis au point par deux chirurgiens d'une clinique parisienne et un cancérologue de l'Institut Gustave-Roussy. « Les soins sont axés sur le visage. Il s'agit de gommer les traces de fatigue et de redonner un coup d'éclat au naturel. » Estelle a vécu la première séance comme une démarche de réconciliation avec son corps.
À 33 ans, on est forcément coquette. « C'est important de garder son pouvoir de séduction. Quand on est malade, le regard des autres change, c'est cela qui est violent. Se fondre dans la masse, sentir le regard des hommes, entretenir la séduction sont autant de petites choses qui nous font aimer la vie, raconte Estelle. J'ai l'impression d'appartenir encore à la société. Je suis dans une tranche d'âge où l'on a besoin de s'affirmer. L'image, ce n'est pas anodin. »
Ouvert pour deux ans, le programme dont bénéficie en avant-première Estelle est accessible aux femmes atteintes d'un cancer, ou en rémission. « Même celles qui ne sont pas en bonne santé ont le droit de rester belles. »
Alain THOMAS
Contact. Pour en savoir plus sur le programme « Renaissance », tél. 01 53 96 75 75. Site de l'association présidée par Estelle Lecointe : www.ensemblecontrelegist.org
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